Le e-commerce augmente la productivité, facilite l’exportation, crée des emplois… et dispose d’une marge de progression encore très importante en France. D’après une étude Eurobrief, le commerce électronique pourrait constituer un instrument de sortie de crise particulièrement efficace.
Je vous propose ici quelques explications.
I. Le e-commerce français a un fort retard à rattraper
1er constat : La France a pris un fort retard sur certains de ses voisins européens. Elle se situe loin derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni pour ce qui est de la part des particuliers achetant sur le Net! En 2007, la part des dépenses dans l’Hexagone s’élevait à 115 euros, contre 157 en Allemagne(37 % de plus qu’en France), 306 euros aux Etats-Unis et 308 euros au Royaume-Uni (2,7 fois plus).
Les ventes de produits sur les sites marchands ont atteint seulement 7 milliards d’euros en France contre 93 milliards aux Etats Unis en 2007, 18,5 milliards au Royaume Uni et 13 milliards en Allemagne. Le e-commerce français a donc une belle marge de progression soutenue par une confiance toujours croissante dans l’achat en ligne.
2ème constat : Il faut savoir que le retard de la France est plus manifeste encore dans le domaine du e-commerce BtoB. En 2008, 20 % seulement des entreprises de plus de 10 salariés avaient réalisé plus de 1 % de leurs achats en ligne. L’Hexagone est donc sous la moyenne européenne (29 %) et très loin du Royaume-Uni, de la Suède et de l’Allemagne.
Rattraper ce retard dans les achats en ligne interentreprises pourrait être source de gains de productivité significatives pour les entreprises françaises.

II. L’e-commerce croît 10 fois plus vite que le commerce de détail
En France, depuis 2002, le chiffre d’affaires réalisé par les sites marchands grand public a en moyenne progressé de 40% par an!C’est quasi 10 fois plus que le commerce détail non alimentaire en magasin (4,3%). Le commerce électronique, locomotive de la consommation, dépasse désormais le CA des grands magasins qui en 2007 s’élevait à 7,2milliards d’euros.
Dans l’actuel contexte de crise, ce rôle du e-commerce est encore plus marquant puisqu’il croît de 25%, alors que le commerce de détail non alimentaire en magasin, ne progresse plus!

III. 2,5 millions d’e-acheteurs de plus en un an
La crise a eu des répercussions sur le e-commerce notamment à travers la stagnation du panier moyen observée en 2008 : 92 euros en moyenne sur l’année, mais 87 euros au dernier trimestre.Cependant, la crise est largement compensée par l‘augmentation du nombre d’acheteurs en ligne. En 2008, le nombre d’acheteurs a progressé de 2,5 millions par rapport à 2007.Désormais, les cyberacheteurs sont 22 millions en France alors qu’ils n’étaient que 5,4 millions en2002, soit 4 fois moins.

IV. Explosion des transactions par carte bancaire en ligne
Une des conséquences de la hausse du nombre de cyberacheteurs est l’explosion des transactions par carte bancaire en ligne. En effet, le nombre de transactions a été multiplié par 6 depuis 2004 pour atteindre 186 millions en 2008. Nous pouvons dire que les craintes des français en matière de sécurité des paiements électroniques ont en grande partie été levées!
Quant au montant moyen des transactions, ce dernier reste à peu près stable : Il passe de 86,3 euros en 2004 à 91 euros en 2007 comme en 2008.
L’augmentation du nombre de sites marchands ne ralentit pas. Il s’élève en 2008 à 48 500, soit plus de cinq fois plus qu’en 2004.
A noter qu’à ce rythme là, un site marchand est crée toutes les 45 minutes en France!
V. Le e-commerce crée des emplois directs et indirects
Il faut savoir qu’entre 2004 et 2008, les effectifs des sites marchands en France ont plus que doublé et dépassent désormais les 20 000 emplois directs. De plus, la FEVAD estime que le commerce électronique génère plus de 60 000 emplois indirects soit un total de 80 000 emplois existants grâce au e-commerce.
Le secteur est aussi porteur d’emploi pour des personnes actuellement hors du marché du travail (chômeurs, femmes au foyer…)
VI. Le e-commerce profite autant à la vente de services que de produits
Le chiffre d’affaires du e-commerce de services est passé de 3,2 milliards d’euros en 2004, à 8,5 milliards en 2007, pendant que le chiffre d’affaires du e-commerce de produits progressait de 2,5 à 7,5 milliards d’euros. Ainsi, la vente en ligne de services profite autant du développement de l’e-commerce que la vente en ligne de produits.

